Rapport OCDE - Consommation d'alcool

Mai 2015

 

La consommation à risque est en augmentation, chez les jeunes et chez les femmes, dans de nombreux pays de l’OCDE, en partie parce que les boissons alcoolisées sont devenues plus aisément disponibles et plus accessibles financièrement, et qu’elles font l’objet de campagnes de publicité efficaces, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

 

Le rapport Lutter contre l’usage nocif de l’alcool : Politiques économiques et de santé publique indique que la recrudescence des comportements à risque en matière d’alcool représente une tendance préoccupante, dans la mesure où elle est associée à des taux plus élevés d’accidents de la circulation et de violence, ainsi qu’à un risque accru de maladies graves et chroniques. Il montre en outre que plusieurs mesures peuvent permettre de réduire la consommation d’alcool, qu’elle soit régulière ou épisodique, ainsi que la dépendance. Les gouvernements désireux de lutter contre l’alcoolisation paroxystique intermittente – le binge drinking –, et autres types d’abus, peuvent recourir à diverses mesures qui ont montré leur efficacité, qui peuvent prendre la forme de conseils aux gros buveurs, d’une augmentation des taxes, d’un relèvement des prix, d’un durcissement de la réglementation sur la vente de boissons alcoolisées ou d’un renforcement des contrôles visant l’alcool au volant.

 

“Le coût pour la société et pour l’économie d’une consommation excessive d’alcool est massif dans le monde, en particulier dans les pays de l’OCDE”, a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, lors du lancement du rapport, à Paris. “Ce rapport montre clairement que des politiques, même coûteuses, de prévention de l’alcoolisme sont rentables à long terme, et souligne la nécessité pour les gouvernements d’agir d’urgence.”

 

Aujourd’hui, la consommation moyenne d’alcool d’un adulte dans les pays de l’OCDE est estimée à environ 10 litres d’alcool pur par habitant et par an, ce qui représente plus de 100 bouteilles de vin. Le niveau de consommation a baissé légèrement, de manière générale, au cours des deux dernières décennies, mais il a particulièrement augmenté en Finlande, en Islande, en Israël, en Norvège, en Pologne et en Suède. La consommation a aussi nettement augmenté dans la Fédération de Russie, au Brésil, en Inde et en Chine, mais, il est vrai, à partir de faibles niveaux dans ces deux derniers pays.

 

La majeure partie de la consommation d’alcool est imputable aux 20 pour cent de la population qui boivent le plus. Les niveaux de consommation d’alcool dangereuse et les abus épisodiques des jeunes, et particulièrement des femmes, ont augmenté dans de nombreux pays de l’OCDE : la proportion d’enfants de moins de 15 ans qui ont été en état d’ébriété au moins une fois a fait un bond dans les années 2000, passant de 30 % à 43 % chez les garçons et de 26 % à 41 % chez les filles.

 

Au total, les hommes ayant un faible niveau d’éducation sont plus exposés au risque de forte alcoolisation alors que c’est l’inverse qui s’observe chez les femmes, parmi lesquelles les femmes ayant un niveau d’éducation élevé ont une plus forte probabilité d’avoir une consommation importante d’alcool.

 

L’abus d’alcool est l’une des premières causes de décès et d’invalidité, tuant un plus grand nombre d’individus de par le monde que le virus du SIDA, la violence et la tuberculose réunis. Entre 1990 et 2010, l’usage nocif de l’alcool est passé du huitième au cinquième rang des principales causes de décès et d’invalidité dans le monde.

 

Une analyse de l’impact des politiques de prévention de l’alcoolisme au Canada, en République tchèque et en Allemagne montre que le fait de prendre des mesures peut réduire les taux de surconsommation et de dépendance à l’alcool de cinq à 10 pour cent.

 

Les actions engagées devraient cibler avant tout les gros buveurs, par exemple à travers les médecins de soins primaires qui peuvent repérer les consommations nocives et convaincre leurs patients de commencer à s’attaquer au problème, et par l’application plus stricte des règles interdisant l’alcool au volant pour réduire le nombre des victimes d’accidents de la circulation.

 

Mais une approche plus large peut également parfois être nécessaire pour compléter ces mesures, avec, notamment, un renchérissement du coût, du fait, par exemple, d’un relèvement des taxes, ou l’application d’un prix minimum pour l’alcool bon marché. Une réglementation plus stricte des campagnes de publicité pour l’alcool et un renforcement des investissements en faveur de la sensibilisation des jeunes aux dangers d’un usage nocif de l’alcool sont également importants. Les initiatives engagées par les acteurs du secteur de l’alcool peuvent aussi avoir un rôle à jouer, mais on a besoin de plus de données d’observation indépendantes quant à l’impact de telles initiatives.

 

Des notes pays individuelles sont disponibles ici pour : Australie, Canada, République tchèque, l'Angleterre, la Finlande, France, l'Allemagne (allemand, anglais), l'Irlande, l'Italie (italien, anglais), le Japon (japonais, anglais), Corée, Mexique (espagnol, anglais), Espagne (espagnol, anglais), Suisse et États-Unis.

 

Consulter le rapport complet à : http://www.oecd.org/health/tackling-harmful-alcohol-use-9789264181069-en.htm.

 

Pour de plus amples informations ou commentaires, les journalistes sont invités à contacter Spencer Wilson ou la Division des médias de l'OCDE (tél. : + 33 1 45 24 97 00).

 

 

Une visualisation de données est disponible pour cette publication à l’adresse : www.compareyourcountry.org/alcohol?lg=fr

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